200 ans à la suite de Mère Carlin : rencontres et action de grâce !

Le 2 février fêté avec nos sœurs de Sainte-Thérèse d'Avesnes

Nous étions nombreux à avoir répondu à l'appel et à être venus entourer les sœurs de Sainte-Thérèse en cette fête de la présentation de Jésus au Temple et journée de la vie consacrée.

Dans son homélie le Père Benjamin, nous rappelle l'importance de la rencontre avec le Christ : rencontre que l'on va faire au sein d'une communauté, qui va faire grandir notre foi et épanouir notre vie ; rencontre avec le Seigneur là où Il est dans la prière, dans les sacrements et dans sa Parole ; rencontre du Christ dans notre prochain. La rencontre du Seigneur est à chercher tous les jours, dans tous les volets de notre vie.

A l'occasion des 200 ans de la fondation de la congrégation des Sœurs de Sainte-Thérèse d'Avesnes, Sœur Marie-Do, Sœur Christine-Marie, Sœur Nicole et Sœur Marie-Christophe nous ont  partagé  quelques actions de grâce à l'occasion de rencontres ou bien d'autres événements qui nous disent quelque chose de Dieu.

  • Au cours d'un pèlerinage à Lisieux une phrase de Thérèse de l'Enfant-Jésus écrite à sa marraine dans sa lettre n°197 du 17 septembre 1896. Cette phrase, je vous la partage parce qu'elle m'a secouée et elle m'a interpellée. « Ce qui plait au bon Dieu c'est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c'est l'espérance aveugle que j'ai en sa miséricorde. »

  • Quand j'ai réfléchi aux grâces reçues durant la vie religieuse, deux mots me sont venus à l'esprit : confiance et fidélité. Avant d'entrer dans la vie religieuse, j'avais déjà une relation à Dieu dans la prière, mais la vie religieuse m' a fait découvrir l'oraison quotidienne. Puisque nous sommes de spiritualité thérésienne et cette oraison est devenue importante. C'est là que je rencontre le Christ dans Sa Parole. Elle m'a fait comprendre que Dieu est proche de moi, qu'Il veille sur moi. C'est un ami fidèle sur qui je peux compter. Et je retiens aussi cette phrase que nous trouvons dans le livre de nos constitutions : « Vis en présence du Christ et cherche-le sans cesse, Lui qui t'a aimé en premier. » La vie consacrée ne me place pas au-dessus des autres, elle ne m'isole pas non plus des autres, bien au contraire. Elle me fait découvrir toute la profondeur de l'Amour de Dieu pour chaque être humain. Elle est aussi une source pour faire connaître et aimer le Christ et pour moi tout spécialement à travers l'enseignement et l'éducation.

  • La première grâce reçue, c'est dans cette église Saint-Denys d'Avesnelles . Je suis un peu émue de me retrouver dans mon église de baptême, de communion solennelle, comme on disait à l'époque, renouvellement et mes vœux perpétuels. J'étais une jeune fille à peu près sage, à partir d'un certain âge. Je faisais partie de la chorale, sous la baguette de Nicole. Nous étions là-haut, un peu indisciplinées, cachées. Mais j'étais très touchée par les cérémonies de l'Abbé Germonprez avec ses grands servants d'autel. On avait des célébrations qui m'incitaient à monter plus haut et être dans le ciel. Attention je n'ai pas eu d'apparition ni d'extase. Mais j'étais très touchée par ces célébrations. A 15 ans, l'Abbé nous a offert un pèlerinage à Lourdes et j'ai été frappée par la joie des malades, surtout de ceux qui les entouraient. A ce moment-là, je me suis posée la question de me consacrer à Dieu, bien qu'Il ne soit pas intime à moi-même. Le mariage, les enfants, c'est beau mais c'est limité pour moi. Je voulais avoir tous les enfants du monde et je voulais aussi rendre au Christ la vie qu'Il m'avait donnée.

    Devenue infirmière, juste avant mon noviciat, j'ai manifesté le désir de faire du domicile et non d'être à l'hôpital alors que depuis 20 ans, aucune sœur de Sainte-Thérèse ne faisait du domicile. J'ai eu la grâce d'être exaucée par Mère Jean-Marie qui m'accompagnait spirituellement depuis quelques années et ses sœurs conseillères. Me voilà lancée dans la vie professionnelle dans quatre villages du Cambrésis pour une dizaine d'années. Disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, dimanches et jours de fêtes, rencontrant 120 à 150 personnes par jour et j'ai eu la grâce de recevoir la confiance et l'amitié de nombreuses personnes qui ont partagé l'intimité de leur famille, leurs problèmes (....) mais aussi la joie partagée. Je ne voyais pas le temps passer. J'avais refusé la radio dans ma voiture pour avoir un temps de silence et me retrouver entre les visites avec le Seigneur.

    Une autre grâce : le dimanche après-midi, nous allions souvent dans les villages de brousse pour des visites. Lors d'une visite à Abeba, nous apprenons qu'il y a eu une naissance la semaine d'avant et nous rendons visite. Nous arrivons dans une petite case d'environ 15m2 pour y trouver une jeune accouchée d'environ 16 ans, allongée sur un bas-flanc recouvert de sacs de charbon avec un pane propre dessus. Elle avait un bébé magnifique dans ses bras. Moi l'infirmière, intérieurement j'étais horrifiée : évidemment microbe, poussière, chaleur ! (…) Tout le monde dans la case était joyeux. En plus, la visite des sœurs est reçue comme une bénédiction même si on n'est pas chrétien. J'étais plutôt dubitative et tout à coup dans mon esprit, une lumière, une inspiration : mais Jésus, il est né où ? Dans une étable au milieu des excréments des animaux et l'étable était lumineuse au point d'attirer les bergers. (…). Je pensais pauvreté, misère alors que c 'est l'amour donné et reçu qui était présent et qui transpirait dans les visages joyeux. Un amour qui est la vraie richesse, qui grandit lorsqu'il est partagé et devient moment de bonheur que nul ne peut acheter et comme tout le monde, j'étais dans l'action de grâce ! Pour moi ce jour-là, c'était Noël à Abeba !

  • Je rends grâce pour les débuts de ma vie religieuse, de ma vocation. C'est en appartenant au mouvement eucharistique des jeunes que j'ai pu discerner l'appel de Dieu, c'était en 1962 et c'était l'ouverture du Concile Vatican II où la vie en Église était intense. C'est sans doute cela qui était à l'origine de ma vocation. Jeunes religieuses de l'avesnois, nous nous retrouvions à Lille avec d'autres congrégations pour notre formation. Je rends grâce à Dieu.

     

Rassemblées autour du Cierge Pascal et du portrait de la fondatrice, les sœurs ont renouvelé leurs vœux.

Le Père Barthélémy avait écrit et composé un chant spécial pour cet anniversaire et c'est dans la joie de ce refrain que l'assemblée a été envoyée. 

 

Prière : Mère Carlin, dès ton plus jeune âge, tu as porté le désir de prendre soin des pauvres, de contribuer à l'éducation des enfants, de soigner les malades. Tu as fondé une congrégation pour ce service du monde et de l'Église.

Depuis 200 ans, tes Sœurs continuent ta mission en France, puis à Madagascar et Burkina Faso avec des collaborateurs et collaboratrices.

Intercède auprès du Christ, qu'il nous donne à tous et à toutes l'élan et la Foi pour suivre ton œuvre, avec la même attention aux plus pauvres, à ceux qui ont faim de nourriture, d'éducation, de reconnaissance de leur dignité.

Seigneur, pour que nous soyons au service de l'annonce de l'Évangile « Les yeux toujours fixés sur Toi » pour dire à ce monde que tout être est précieux aux yeux de Dieu.

Mère Carlin intercède pour nous !

Article publié par Valérie Dupont • Publié le Samedi 29 janvier 2022 • 417 visites

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